mercredi 6 mai 2026

PTOSE, PTÔSE, subst. fém.

 MÉD., PATHOL. Abaissement d'un organe ou d'une structure organique par rapport à sa place normale, par suite du relâchement de ses moyens de soutien. Ptose abdominale, gastrique, mammaire, rénale. Les signes cliniques consistent en troubles digestifs multiples associés à des ptoses viscérales, en migraines (Ce que la Fr. a apporté à la méd., 1946, p. 236).

Prononc. et Orth.: [pto:z]. Ac. 1935: ptôse. ,,Les médecins [l']écrivent presque toujours sans l'accent`` (Dupré 1972). Étymol. et Hist. 1895 méd. (T. Legry, in G.-M. Debove et Ch. AchardMan. de méd., VI, p. 788 ds Quem. DDL t. 8). Empr. au gr. π τ ω ̃ σ ι ς « chute », dér. de π ι ́ π τ ω « tomber ». Ptose, subst. masc. est att. en bot. dès 1803 (BoistePtose, déplacement des parties organiques).  Bbg. Quem. DDL t. 8.

VIDUITÉ, subst. fém.

 A. − Vieilli. [S'appliquait essentiellement à une femme] .  Veuvage. Après la virginité, c'est la viduité qui a joui partout du respect des hommes (J. de MaistrePape, 1819, p. 272).L'état de viduité était envisagé comme sacré; les veuves constituaient un ordre ecclésiastique (RenanMarc-Aurèle, 1881, p. 552).

− DR. Délai de viduité. Délai que doit respecter une femme veuve ou divorcée avant de pouvoir se remarier, afin d'éviter toute confusion ou incertitude sur la paternité d'un enfant à naître (d'apr. GDEL).
B. − Au fig.
1. Littér., vieilli. État d'abandon; isolement affectif, solitude morale. Il seroit hors de la société, l'être malheureux qui naîtroit privé des sens de la vue et de l'ouïe (...) dont l'intelligence solitaire seroit condamnée à une éternelle viduité(BonaldLégisl. primit., t. 2, 1802, p. 2).Le pauvre vieux Jean Valjean n'aimait, certes, pas Cosette autrement que comme un père; mais (...) dans cette paternité la viduité même de sa vie avait introduit tous les amours; il aimait Cosette comme sa fille (...) comme sa mère (...) comme sa sœur (HugoMisér., t. 2, 1862, p. 389).
2. État de ce qui est vide, sans valeur, sans intérêt. Synon. vacuité.La sculpture (...) se stérilise et finit par nous épouvanter de sa viduité (CastagnarySalon, t. 1, 1864, pp. 183-184).C'est partout la même viduité (...). Cette pauvreté de pensée (...) ce manque de cœur (...) a (...) gagné tout le parti socialiste politique et de proche en proche le parti syndicaliste (PéguyArgent, 1913, p. 1110).
Rem. Cet empl. est condamné par les puristes: ,,On se gardera de commettre cette confusion [viduité/vacuité] et d'employer viduité dans un sens abusif`` (Dupré 1972).
Prononc. et Orth.: [vidɥite]. Att. ds Ac. dep. 1694.  Étymol. et Hist. Fin xives. [ms.] (De Judith, ms. Genève, 160 ds Brunet LatinTrésor, éd. E. Chabaille, Append. III, p. 629: Judith osta les habillemens de sa viduité); xves. [id.] ([JeanMansel], Fleur des hist., Maz. 1562, fo20c ds Gdf. Compl.). Empr. au lat.viduitas, -atis « privation; viduité »; cf. le synon. de formation pop. a. fr. veveé (1243 ds Gdf.), et de là, par substitution du suff. -eté (-té*) − et malgré l'écart chronol. des ex. − veuveté (1160-74, WaceRou, éd. A. J. Holden, II, 4230).  Fréq. abs. littér.: 10.

vendredi 13 mars 2026

COALESCENCE, subst. fém.

 A.− SC. DE LA NATURE. Réunion d'éléments voisins.

1. BIOL., BOT. Réunion normale ou pathologique de tissus voisins. Coalescence des lèvres d'une plaie. Elle [la tumeurest [...] souvent formée de la coalescence de plusieurs masses ganglionnaires hypertrophiées (Roussy dsNouv. Traité Méd.,fasc. 5, 1920-24, p. 262).
− P. métaph. :
... les segments sociaux perdent de leur individualité, (...) les cloisons qui les séparent deviennent plus perméables, en un mot (...) il s'effectue entre eux une coalescence... DurkheimDe la Division du travail soc.,1893, p. 237.
2. PHYS., CHIM. Réunion de particules en suspension. Des considérations hydrodynamiques sont défavorables à l'hypothèse d'une coalescence active des gouttelettes qui conduirait à la formation de gouttes de pluie (Ch. MaurainLa Météor. et ses applications,1950, p. 131).Un stabilisateur empêchant la coalescence des globules dispersés (G. ChampetierChim. macro-moléculaire,1957, p. 62).
B.− P. anal., LING. ,,Aspect de la contraction, qui consiste dans la fusion de deux voyelles voisines en une voyelle nouvelle : ae > e auo`` (Mar. Lex. 1961). Diphtongue par coalescence.
− P. ext. Réunion, dans une unité nouvelle, d'éléments compatibles quoique de soi disjoints. Coalescence d'un article avec un substantif (l'endemain → lendemain); degré de coalescence des éléments d'un syntagme.
Rem. 1. On rencontre ds la docum. l'adj. coalescible. Qui peut être soumis à un phénomène de coalescence. Le jeu externe des forces cosmiques, combiné avec la nature éminemment coalescible de nos âmes pensantes, travaille dans le sens d'une concentration énergique des consciences (Teilhard de ChardinLe Phénomène humain, 1955, p. 267). 2. La plupart des dict. gén. enregistrent l'adj. coalescent. Réuni à un élément voisin. Bractées coalescentes.
Prononc. Dernière transcr. ds Littré : ko-a-lè-ssan-s'. Pour [ss] géminées, cf. aussi Land. 1834, mais Gattel 1841 transcrit [s] simple.  Étymol. et Hist. 1. 1537 méd. (Canappe4eLivre de Thérapeutique de Galien cité par Chauvelot ds Fr. mod., t. 18, p. 270); 2. 1548 phon. (SebilletArt Poétique, I, 8 ds Hug.). Dér. du rad. de coalescere « s'unir », spéc. en parlant des éléments formant un mot et des lèvres d'une plaie en voie de cicatrisation.  Fréq. abs. littér. : 17.